Dans les arts martiaux il existe deux grandes familles. D'un côté les styles externes utilisant principalement les muscles et d'un autre, les styles internes
utilisant l'énergie interne ou des principes biomécaniques variés (un billet sera très prochainement consacrés à ces derniers). Du moins c'est ainsi que l'on différencie couramment les arts
martiaux. Parfois, il est facile d'appliquer cette classification. La boxe thaïlandaise par exemple ne laisse aucun doute possible quand à son appartenance à la
mouvance externe. A contrario, le taichi lui appartient sans hésiter aux styles internes. Par contre, pour certains arts martiaux, comme le karate ou le kung fu, en fonction des écoles et des
maîtres, les pratiques peuvent être tantôt externes et tantôt internes ou encore un peu des deux.
Il y a ici matière à débattre. Certains diront que tel style de karate interne est une gymnastique de santé pour personnes âgées, inefficace en combat et que ce
n'est pas du karate. D'autres répondront que les arts martiaux permettent une progression aussi longue que la vie et que, si la progression ne tient uniquement qu'aux capacités musculaires ce
n'est pas dukarate non plus.
Ce genre d'affrontements idéologiques, interne contre externe et vice vers ça, sont à mon sens déplacés. Malgré cela, j'aurais tendance à penser comme les seconds
protagonistes. L'important à voir ici est que de nombreux pratiquants choisissent un art martial puis développent avec le temps leur propre manière de faire.
On voit alors progressivement les formes techniques rejetées au second plan pour voir apparaître un fond plus épuré qui dépassent les mots eux même. J'ai eu
la chance de rencontrer de nombreux grands maîtres, connus ou inconnus, dukarate okinawaien ou d'autres disciplines. J'ai constater une forme de schéma récurrent dans leur
En premier il y a le choix de la forme, de la discipline ou de la technique. Puis commence la recherche. Chacun, en fonction de ses expériences,développe sa propre
manière de faire. Puis vient autre chose, un stade que tous n'atteignent pas mais pour ceux qui arrive, converge vers un point identique.
Bien que l'on sache par où ces fameux grands maîtres soient entrés grâce au nom de leur discipline, et que tous, ils se soient beaucoup entraîner, on a dû mal
à imaginer leur cheminement. Comme si ils avaientdabord découvert ce qui s'apparenterait à l'essence de leur art et puis, qu'ils étaient parvenu à la recherche d'une essence encore plus absolue.
Musashi disait "si une chose est une, le tout et le tout". J'aime à croire qu'il faisait allusion à ce que j'évoque ici sans vraiment le comprendre.
Arrivé à un moment, bien que l'on distingue encore des manières de travailler particulières, ce qui est recherché semblerait être la même chose. On pourrait dire
que c'est du karaté, del'aikido, du kung fu ou bien autre chose encore. Ces mots ne sont la que pour désigner des formes de travail qui évoluent avec chaque école et chaque génération de maîtres
depuis des centaines ou peut être même des milliers de générations . J'ai le sentiment queces appellations, ou que les disciplines en elle même, ne sont que la distinction entre différentes
routes. Comme si il y avait pour une même destination une nationale et une autoroute (en puissance infinie bien sûre). La liberté est laissée à chacun de choisir son voyage en fonction de ses
aspirations de départ.
Ce ne sont ni les disciplines ou les écoles qui font ce que nous recherchons, elles façonnent simplement la forme. Malgré tout, ceux qui atteignent un stade
très élevé continuent d'appeler leur pratique par le nom de la discipline qui les a mené jusque la. D'une part par convention, d'autre part par respect de leurs maîtres ainsi que du chemin
accompli. Qu'en pensez-vous?