C'est étonnant d'essayer de regarder son évolution à travers le temps. Lorsque l'on est enfant, notre propre compréhension des choses est limité. Il est facile d'avoir des convictions qui nous
arrangent et des rêves.
On découvre le monde et on le comprend. C'est incroyable et l'on pense que tout est aussi facile. Ensuite on vieillit. On décide de suivre ses rêves et là, on réalise que l'on ne comprend plus
rien. Ce qui nous apparaissait évident se transforme en un incroyable réseau de voies. Et nous sommes perdus. Vous vous souvenez de ces moments là? Moi je m'en rappelle très bien je suis en plein
dedans.
Ce qui est à la fois magique et tragique lorsque l'on est enfant réside dans le fait que le nombre de choix que nous avons à faire est extrêmement limité. La plupart sont faits par les adultes.
Ensuite les choses se compliquent. Nous devons faire nous même notre route et en assumer les conséquences.
Même si je pense que l'on peut toujours avancer, il est beaucoup plus simple de rejeter les erreurs sur ceux qui ont fait les choix pour nous. Mais par la suite ça devient beaucoup moins facile car
les décisions, c'est nous qui les prenons. Il n'y a plus d'échappatoire. On ne peut fuir que vers la peine, la frustration les regrets où la colère. Parfois un peu de tout ça.
En fait, je me demande quelle est la juste attitude face à ça,la vie, ses nombreux moments critiques ; tous ces choix que nous devons constamment faire. J'utilise "juste" car en l'occurrence, je ne
pense pas qu'il y ai de "meilleur" même si je sais qu'il en existe des "moins bonnes". Et j'utilise critique car tout n'est que réaction en chaîne et je pense que le moment sensible n'est pas la ou
tout s'emballe mais plutôt là ou la ou tout commence.
J'entends souvent qu'il faut être soi même et accepter ses défauts pour vivre avec. Personnellement je ne le peux pas. Je trouve cette approche tellement facile qu'elle en perd tout son charme.
J'ai l'impression que c'est la voie de l'imbécile heureux, qui l'accepte alors il est heureux. Je trouve que chercher à s'améliorer est autrement plus noble. De plus, je pense qu'il s'agit de
l'étape au dessus de celle de l'imbécile heureux conscient. C'est celle de l'imbécile conscient qu'il peut s'améliorer.
Je sais que tout ça ne semble avoir aucun sens, ou n 'être qu'une suite d'évidences mais pour moi, aujourd'hui, ça en a beaucoup et plus rien n'est évident. Je ne me reconnaît plus dans aucun
modèle, je leur trouve tous des failles et je veux aller au delà. Non pas par désire de les surpasser, juste pouvoir aller au bout de ce que je peux faire dans le temps ou je peux le faire.